Le Cercle littéraire des amateurs d’épluchures de patate. Un roman parfait pour l’été!

le_cercle_litteraire_des_amateurs_d_epluchures_de_patates

Nous sommes en Janvier 1946. L’Angleterre se relève tout juste de la guerre.

Juliet Ashton est une jeune auteure à succès. Son livre, Izzy Bucketstaff s’en va en guerre, un recueil de chroniques humoristiques sur la guerre publiées dans un grand journal reçoit un accueil très enthousiaste. Cependant, elle est en mal d’inspiration et peine à trouver un sujet pour son prochain ouvrage.

Tandis qu’elle est en tournée de dédicace à travers le pays, elle reçoit une lettre d’un certain Dawsey Adams, qui habite sur la petite île de Guernesey, au large de l’Angleterre. Il possède un vieux livre récupéré chez un bouquiniste sur la vie de Charles Lamb. L’adresse de Juliet était notée sur la couverture.

« Je n’irai pas par quatre chemins ; j’adore Charles Lamb. Je veux lire ces autres textes. J’aimerais solliciter votre gentillesse. Pourriez-vous m’envoyer le nom et l’adresse d’une librairie à Londres ? »

« Charles Lamb m’a fait rire pendant l’Occupation, surtout son passage sur le cochon rôti. Le Cercle littéraire des amateurs de littérature et de tourte aux épluchures de patates de Guernesey est né à cause d’un cochon rôti que nous avons dû cacher aux soldats allemands – raison pour laquelle je me sens une affinité particulière avec Mr. Lamb. »

Juliet, curieuse de nature, demande plus de détails à Dawsey à propos de ce Cercle littéraire. Commence alors une correspondance entre elle et Dawsey, à laquelle se joignent petit à petit d’autres membres du cercle littéraire sollicités par Juliet. Elle tient peut-être le sujet de son prochain livre ! Au fil des échanges de lettres ou chacun raconte son vécu de l’Occupation, ponctué de diverses anecdotes, des liens forts se créent. Juliet découvre avec bonheur cette petite communauté aux personnalités si diverses, humaines et solidaires. Elle a de plus en plus envie de rencontrer ces personnes pour lesquels elle a développé une réelle affection.

Et puis elle saute le pas. Elle abandonne sa vie à Londres (de toute façon, son appartement a été entièrement détruit durant la guerre) et part pour Guernesey. Là, elle rencontre enfin les personnes à qui elle a tant écrit, et se sent immédiatement comme chez elle…

Un gros coup de cœur pour ce premier roman de Mary Ann Shaffer (et malheureusement dernier car elle est décédée en février 2008 avant la publication du livre)

Le cercle littéraire est un roman épistolaire absolument délicieux, du début à la fin. Il se dégage de ce roman une atmosphère fantasque, débordante d’humour et de joie de vivre, malgré certains thèmes assez durs ; En résulte un ascenseur émotif, qui nous fait passer de l’euphorie aux larmes, pour rire aux éclats quelques pages plus tard. Une lecture riche en émotions pour mon plus grand plaisir.

L’auteure était une ancienne libraire et bibliothécaire, et je trouve que cela se ressent énormément dans la façon dont le thème de la lecture est appréhendé dans le récit. (Transmettre la passion de lire, une mission quotidienne !) On y retrouve une infinité de manières d’aborder l’objet livre et son contenu, qui diffère selon chacun des personnages. Selon son milieu social d’origine, selon son parcours, et son état d’esprit du moment. Chacun, selon sa personnalité,  trouve dans la lecture des motivations et des émotions qui lui correspondent On peut dire qu’il existe autant de façons de lire que de lecteurs.

Par exemple, Isola aime par-dessus tout les sœurs Brontë. Clovis Fossey lit de la poésie de Wilfried Owen. Et parce que l’émotion peut se trouver même où ne l’attend pas, Clara Saussey lit des livres de cuisine avec passion.

« De la pure poésie dans une casserole »

La lecture peut sembler superflue quand on lutte pour la survie pendant la guerre. Qui pourrait penser que le livre, naturellement relégué au second plan (car on peut comprendre qu’il y existe des préoccupations plus vitales), pourrait trouver un rôle si important dans ce contexte, surtout à la campagne ? Et pourtant… Chacun des personnages, à sa façon, trouve dans les livres un réel exutoire aux horreurs vécues au quotidien. Des mots à mettre sur des émotions.

« Il connaissait beaucoup de choses et savait les décrire avec des mots justes. J’y étais, moi aussi. A Paschendale. J’ai connu ce qu’il a connu, mais je n’aurais jamais réussi à trouver les mots, moi. »

 

Le cercle littéraire, qui était au départ une invention destinée à se tirer d’une situation désespérée face aux allemands (aucun des personnages ne lisait de livres à ce moment), devient vite un rendez-vous important, lieu de rencontres, créateur de liens entre les personnes et théâtre de débats passionnés.

« Nous avions peur d’abîmer un si beau papier. Je ne me serais jamais résolu à ouvrir mon premier livre si je n’avais eu à l’esprit l’image du commandant et de la prison.« 

« J’en suis venu à adorer nos réunions littéraires. Elles nous rendaient l’Occupation supportable. »

J’ai vraiment aimé ces personnages hauts en couleurs et aux vécus si différents, tous plus attachants les uns que les autres. L’histoire est très prenante. On aurait envie de faire partie de cette petite communauté qui nous met du baume au cœur, soudée plus que jamais dans épreuves les plus difficiles. Humour, solidarité. De la bonne humeur et une note d’espoir. Un incontournable pour les amoureux des livres.

 

Rendez-vous sur Hellocoton !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *