Je vous raconte mon accouchement

Oh la la, cela faisait tellement longtemps que je voulais écrire cet article, commençant à le rédiger dans ma tête sans jamais trouver ni le temps, ni la motivation, ni assez de concentration pour l’écrire! Car oui, ce genre d’article, c’est long à rédiger, et j’avais peur d’ oublier des choses ou de ne pas réussir à retranscrire toutes les émotions de cette journée. Et finalement, c’est justement pour ne pas oublier de choses que je me lance enfin.

Ce soir j’essaie, et qui sait combien de temps j’y mettrai! Bébé dort, alors profitons-en… 🙂

Si l’accouchement vous fait peur, que vous appréhendez… et bien lisez cet article. Je vous spoile un peu, mais je me souviens de mon accouchement comme d’une journée très chouette, très spéciale, avec des anecdotes qui feront date dans l’histoire familiale. Vous savez, le genre d’anecdote qu’on ressort aux repas de famille 20 ans après, pendant que les gosses rétorquent « Oui je sais Maman tu nous l’as déjà raconté 100 fois! » en levant les yeux au ciel.

Un mot sur ma grossesse

Pour commencer, quelques mots sur ma grossesse. J’ai eu une grossesse très cool, mis à part un premier trimestre chargé en émotions et quelques crises d’angoisses liées à une éventuelle fausse couche (chat échaudé craint l’eau froide… j’y reviendrai peut être un jour prochain). J’ai quand même eu droit au package nausées et vomissement classique, dès le deuxième mois, et mon estomac a continué de me jouer des tours tout au long de ma grossesse. Youhouu !

Mais c’est bien le seul gros désagrément que j’ai connu. J’ai été en forme jusqu’au bout, me promenant à Paris en jupe et bottes à talons pour aller vagabonder à Montmartre, et allant voir le show de Dita Von Teese enceinte jusqu’au yeux. J’ai bien profité jusqu’au dernier mois, et ce sont d’excellents souvenirs!

Jusqu’aux derniers jours où je me sentais vraiment éléphantesque. La veille de mon accouchement j’avais l’impression d’avoir le ventre énorme, dur et carré. Oui, carré, je ne sais pas pourquoi. Un énorme cube tout dur. A posteriori je pense que c’était parce que le travail était imminent, mais je ne le savais pas encore à ce moment là.

Je n’étais pas particulièrement stressée à l’idée d’accoucher. Bien sûr, je me demandais à quelle sauce j’allais être mangée. Car à mes yeux , la grossesse et l’accouchement, c’est vraiment la loterie. Il peut tout se passer, de manière totalement aléatoire. J’étais vraiment dans un état d’esprit « on verra bien ». Je me suis laissée porter du début à la fin, en faisant de mon mieux pour que tout aille bien, mais en ayant conscience que je n’aurais pas vraiment de contrôle sur ce qui allait se passer. Voilà quel était mon état d’esprit.

Allons-y donc pour le récit des évènements !

Bébé était prévu le 10 février. Mais fin janvier, j’étais nerveuse. Il y avait des alertes neige en Ile de France et toutes les routes étaient bloquées le 29, 30 et encore un peu le 31 janvier. Ma raison me disait que je n’avais pas à m’inquiéter, parce que j’avais encore le temps. Après tout j’avais encore dix jours avant la date prévue. Mais c’était plus fort que moi, je restais scotchée à la fenêtre, regardant si la neige continuait de tomber ou pas.

Et le 1er février, à 6h41 (c’est du précis), je me suis réveillée au petit matin, et j’ai commencé à me retourner dans le lit, façon baleineau. J’ai senti un POC, ( j’ai su immédiatement ce que c’était, c’est vraiment une sensation qui ne ressemble à aucune autre) immédiatement suivi d’un ruissellement de liquide (OK là, plus aucun doute possible). Après une grosse montée d’adrénaline, j’ai réveillé mon conjoint :

– Chéri, j’ai perdu les eaux!
* Lui, ôtant une boule Quiès parce que le dernier trimestre je ronflais comme un tracteur* Hmm, quoi?
– J’ai perdu les eaux!
* Lui, faisant un bond* Hein quoi? Ça veut dire que c’est maintenant? Faut y aller?
– Ben oui !

La maternité n’était pas très loin, seulement 15 minutes en voiture, et je savais que oui, il fallait y aller, mais ça n’urgeait pas non plus à ce point là car le travail peut être long pour un premier enfant. J’ai donc pris le temps de finir ma valise tranquillement et de prendre mon petit déjeuner. Ben oui, esprit pratique avant tout! Je ne savais pas quand je pourrai manger la prochaine fois alors autant ne pas avoir le ventre vide pour la journée! 😀
Et puis il faut le dire : j’avais perdu au moins 15 litres de flotte (c’est l’impression que j’avais en tout cas) et je me sentais légère, légère! J’étais super contente, excitée, j’avais hâte d’y être!

Une heure et un gros coup de stress du chéri plus tard (finalement le plus stressé des deux c’était lui) , nous étions en voiture et sur le point d’arriver à la maternité.

Pendant le trajet, j’ai commencé à ressentir de petites contractions, mais vraiment pas douloureuses. Un léger tiraillement dans le bas ventre, un peu la même sensation que lorsque les règles pointent le bout de leur nez.

Arrivée à la maternité en mode Club Med

C’est donc tout sourire, avec ma robe pull, mes collants de grossesse et mes bottes à talons que je me suis pointée aux urgences en mode « Bonjour je viens accoucher ». Petite parenthèse : les collants de grossesse et les robes pull c’est vraiment ce qu’il y avait de plus confortable, je n’ai porté que ça pendant toute ma grossesse!

On m’a installée dans une petite salle avec un monitoring, et j’ai une nouvelle fois eu le bonheur d’écouter les battements du petit cœur de mon bébé qui n’avaient jamais été si concrets qu’à cet instant.

Puis la sage femme m’ a examinée et a donné son verdict : j’étais dilatée à 3. Bonne nouvelle! Le travail avait donc bien commencé, et sans quasiment aucune douleur, que demander de mieux? Comme je ne tenais pas à aller tout de suite en salle de travail, je suis allée dans la chambre que l’on m’avait préparée pour attendre un peu que cela avance. Chambre où l’on m’a servi un autre petit déjeuner. Chococolat, tartines, fruit. Miam miam! (sisi je vous jure, je vous raconte mon accouchement, pas mon dernier séjour au Club Med!)

J’avais même pris une photo, tenez! XD

Les choses sérieuses commencent!

11h. Deux heures avaient passé depuis mon arrivée, quand les contractions se sont progressivement faites plus intenses. Je commençais à avoir bien mal, alors j’ai demandé à ce qu’on m’installe en salle de travail et qu’on me pose la péridurale. J’ai toujours eu dans l’idée d’accoucher avec la péridurale, donc finalement, même si la douleur était assez gérable, je préférais ne pas attendre qu’elle ne le soit plus. Et puis on ne sait pas non plus combien de temps l’anesthésiste mettra à arriver, autant prendre les devants! 😀

Et c’est là que je remercie les cours de préparation à l’accouchement et les copines qui m’ont donné des conseils sur la manière dont il était préférable de gérer les contractions. La respiration, mes amies, la respiration! J’ai souvent entendu parler d’une comparaison avec une vague, c’est tout à fait cela. Visualiser la contraction comme une vague qui venait et qui partait, en calquant ma respiration dessus, m’a beaucoup aidée à les gérer. A vrai dire, les seules contractions qui m’ont vraiment fait mal sont celles que je n’ai pas senti venir et qui m’ont surprises. Celles-ci, je les ai subies et elles ont été douloureuses à m’en tirer des larmes. Il y en a eu deux comme ça. Les autres, ça allait, j’arrivais à les gérer.

Et finalement, l’anesthésiste est arrivée. Assez rapidement d’ailleurs! A ce moment, mon col était dilaté à 5 il me semble. Le travail suivait son cours, et plutôt rapidement pour un premier bébé selon la sage-femme.

Poser la péri n’a pas été simple car je n’arrivais pas à « faire le dos rond » assez bien pour que l’aiguille passe correctement. (Vous êtres marrants aussi, comment voulez-vous faire le dos rond avec un ventre de cette taille là?) J’ai donc eu un petit moment de suspense du type « et si on n’arrive pas à la poser, comment je fais? Est ce que j’y arriverai? » Mais finalement je n’ai pas eu à envisager cette éventualité. Ouf! Au passage, je sais qu’on parle souvent de la péridurale en se demandant si cela fait mal. Dans mon cas je n’ai absolument rien senti, tout au plus la petite piqûre d’anesthésiant, et puis plus rien.

Comme un coq en pâte

Et c’est là que la détente a commencé. On m’a mis une bonne dose d’anesthésie de sorte que je n’ai plus rien senti de l’après midi, et je me suis même accordé une petite sieste. On m’a apporté une petite couverture, j’ai papoté avec des copines sur Messenger. J’étais comme un coq en pâte. Chéri aussi est allé dormir, puisqu’il s’était couché à 3h30 du matin la veille (« Ben quoi, c’est pas prévu pour tout de suite, on a encore le temps avant que le bébé arrive! » haha)

Tout l’ après midi on m’a vraiment laissée me reposer. L’équipe venait de temps en temps vérifier que tout allait bien et contrôler l’avancée du travail. J’étais bien, j’avais ma petite couverture, j’avais bien chaud, je somnolais.

Un petit mot pour l’équipe, d’ailleurs, qui a été extra. Aux petits soins, très prévenante et très humaine. On m’a traitée avec considération, toujours à l’écoute de mes souhaits et de ce que j’exprimais. Merci à elle, donc, et surtout à la sage-femme qui m’a principalement prise en charge et qui a été un amour du début à la fin. Je n’avais pas de projet de naissance très précis, mis à part « Je voudrais la péridurale, pas d’épisiotomie si possible, finir de sortir le bébé moi-même, et une mise au sein rapidement ». Rien de bien extravagant. Mais elle a lu ma liste et fait en sorte de la respecter le mieux possible.

J’était donc tranquille. Jusqu’à 16h environ, moment auquel j’ai reçu un coup de fil. De ma mère. Ma mère qui habite à 150 km et qui m’avait bien dit ne PAS vouloir qu’on la prévienne lorsque j’irai à la maternité. Mes parents ne voulaient pas passer des heures à s’inquiéter, donc ils voulaient être prévenus seulement lorsque le bébé serait là.

J’étais donc là, quasi à poils, dans la posture que vous imaginez, avec mon téléphone dans la main. Je décroche, je décroche pas? Je lui dis, je lui dis pas? Oui mais si je ne décroche pas elle va se douter de quelque chose… Bon allez je décroche!

– Allo Maman?
– Ah tu as mis du temps à répondre, j’ai bien cru que tu étais partie accoucher! (Hahahaaaa)
– Ben euh…
– Dis ma puce je suis chez Lidl, j’ai trouvé la crème visage que tu cherchais, tu veux que je t’en prenne? (ndlr : la gamme Cien Nature, elle est top! :D)
– Ah oui merci!
– OK je te prends un pot! Alors tu fais quoi, là?
– Euh bah rien de spécial Maman! (Je vous rappelle le tableau. Salle d’accouchement, monito, péridurale et fesses à l’air)
– OK! Bon je te rappelle plus tard?
– Pourquoi, tu veux me parler de quelque chose?
– Ben on peut parler, on parle jamais!
– Hmmm moui OK maman à tout à l’heure!

Mesdames et Messieurs, ma mère! (Moman je sais que tu vas me lire, bisous! :D) Comme vous voyez j’avais décidé de respecter ce qu’elle voulait et de ne rien dire, mais franchement c’était drôle! C’est bien ma mère, d’appeler dans ces moments là!

Et le travail a suivi son cours jusqu’à environ 17h, heure à laquelle la sage femme m’a annoncé « C’est bon vous êtes à dilatation maximale, on va pas tarder à y aller! »

Et là…. driiiing, téléphone! Le running gag!

– Salut Maman
– Coucou ma puce! Bon alors ça va?

Et là j’ai eu un gros cas de conscience. Je pouvais pas faire ça à ma pauvre maman, j’ai décidé de lui dire! Quand même !

– Ben en fait, devine où je suis!
– Hmm je sais pas?
– Je suis à la maternité je suis sur le point d’accoucher
– Hahaha oooh arrête de te moquer de moi enfin!
– Non mais c’est vrai!
– Arrêêêête
– Je te jure! Attends je te passe la sage femme!
la sage-femme : Bonjour je suis la sage-femme, je vous assure votre fille est bien à la maternité et est sur le point d’accoucher.
– * Trémolos dans la voix* Oh la la! Chériii, Lucile est à la maternité! Oh ma puce! Bon je te laisse! Bon courage! A tout à l’heure!

Il arrive!

Sur cette franche rigolade on a pu passer aux choses sérieuses. On a attendu que la péridurale (dosée à la perfection!) se dissipe un peu pour que je puisse sentir les contractions, que bébé commence à s’engager et c’était parti pour la poussée.

Ce que j’en retiens, c’est qu’il faut une sacrée force pour faire sortir un bébé d’un utérus. Je ne pense pas avoir un jour déployé de pareils efforts physiques pour autre chose. Probablement non. Et en plus bébé jouait au yoyo à descendre et remonter entre les poussées, le petit rigolo!

Et au bout d’une demi heure, à 18h16, il était là. Depuis la bulle où j’étais, j’ai entendu « Tendez les bras, vous pouvez l’attraper ». Je l’ai pris, et je l’ai posé sur moi. Chose amusante, j’ai fermé les yeux. Je ne sais pas pourquoi. Peur de ce que j’allais voir, trop plein d’émotion, fatigue… Toujours est-il que je n’ai réouvert les yeux que lorsqu’il était contre moi. Et c’est à cet instant seulement que je l’ai regardé et qu’a commencé un long, long câlin. Deux heures de peau à peau pendant lesquelles j’ai pu redescendre de là où j’étais perchée, car pendant ces 30 minutes plus rien n’existait autour de nous. J’avais l’impression d’avoir couru un marathon, j’étais essoufflée et j’ai bien mis 20 minutes à reprendre mes esprits.

Puis il y a eu une période assez floue où il y a eu la délivrance (la sortie du placenta) La sage femme m’a d’ailleurs demandé si je souhaitais le garder. Bon, je ne le voulais pas spécialement, mais j’ai trouvé ça bien qu’elle le demande. Puis on m’a recousue car j’avais eu malgré tout une petite déchirure.

Comme je l’avais souhaité, j’ai mis bébé au sein. On m’y a aidée car c’était tout neuf, pour moi aussi, et je me suis émerveillée de ce réflexe de tétée immédiat.

Et on nous a laissés seuls, en famille. Une famille toute neuve. Tous les trois, à se regarder, à s’étonner de ces tout petits doigts, à réaliser qu’il était là. Le personnel soignant venait de temps en temps voir si tout allait bien. Et effectivement, tout allait bien.


J’ai été reconduite dans ma chambre, et là, tout le reste a commencé.

Et voilà pour le récit de cet accouchement. Certainement l’accouchement le plus tranquille que j’aurais pu espérer. L’écrire et me remémorer ces souvenirs m’a même mis une petite larme à l’œil!













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4 comments on “Je vous raconte mon accouchement

  1. Magnifique !
    Parfois je regrette mon blog juste parce que j’ai envie de raconter le mien.
    En tout cas tu vas en rassurer pas mal !
    (moi si j’avais rompu chez moi, j’aurais accouché chez moi… 10 min après avoir rompu ma fille était sur moi (j’étais seulement à 2 juste avant de rompre la poche 😂) . Toute l’équipe a cru que j’accouchais de mon 3e.

    En tout cas, j’ai bien aimé te lire et l’histoire avec ta maman vraiment c’était trop fun ! J’adore !

    Bisous à vous.

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